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PRIX JAN MICHALSKI - EDITION 2021

PRIX JAN MICHALSKI - EDITION 2021

23.11.2021 Le Prix Jan Michalski de littérature 2021 est décerné à Memorial International, Alena Kozlova, Nikolai Mikhailov, Irina Ostrovskaya et Irina Scherbakova pour l’ouvrage collectif "Знак не сотрется. Судьбы остарбайтеров в письмах, воспоминаниях и устных рассказах" (Мемориа́л, 2016), traduit du russe en anglais par Georgia Thomson, sous le titre "OST: Letters, Memoirs and Stories from 'Ostarbeiter' in Nazi Germany" (Granta, 2021).


Photo: https://www.facebook.com/FondationJanMichalski/photos/pcb.4944333328933672/4944333252267013/ 

Le jury a salué "le travail acharné pour le rétablissement de la vérité historique de l’organisation non gouvernementale russe Memorial International qui, à travers ce livre de référence documentant la destinée de millions d’Ostarbeiter, s’acquitte de la tâche complexe de préserver l’histoire orale de l’effacement et du détournement. En gardant la trace écrite de voix de la société civile dans un contexte où l’histoire se réécrit en fonction des enjeux politiques, l’ouvrage OST constitue une somme mémorielle essentielle à l’avenir de nos sociétés qui, pour affronter leurs défis actuels, se doivent de préserver leur mémoire et d’en faire bon usage."

Le terme Ostarbeiter, littéralement "travailleurs de l’Est", désigne des citoyen·nes de l’Europe de l’Est, notamment d’Union soviétique, qui furent déporté·es, suite à l’occupation de leurs pays par l’armée nazie après 1941, pour être soumis·es au travail obligatoire sur tout le territoire du Troisième Reich. Ukrainien·nes, Polonais·es, Biélorusses, Russes, Tatar·es entre autres, âgé·es pour la plupart de moins de 18 ans, ils·elles furent entre 3 et 5 millions à avoir été envoyé·es comme main-d’œuvre dans des usines, des mines, des exploitations agricoles, ou encore dans des familles en tant que personnel de maison. Distingué·es des autres travailleur·ses forcé·es par l’insigne "OST" cousu sur leurs vêtements, ils·elles connurent, outre l’éloignement de leurs parents, des conditions de travail et de vie proches de l’esclavage – labeur harassant, hébergement dans des camps fermés et surveillés, sous-alimentation, manque d’hygiène et de soins, humiliations et punitions, malgré quelques témoignages d’actes bienveillants de la part de civil·es allemand·es.

Près de la moitié de ces adolescent·es étaient des jeunes filles, qui subirent également des violences sexuelles, d’où résultèrent des dizaines de milliers de grossesses non désirées. Beaucoup ont succombé à la famine, à l’épuisement, aux bombardements pour s’être vus interdire l’accès aux abris antiaériens, ou à d’autres abus lorsqu’ils·elles n’étaient pas sommairement exécuté·es par leurs gardien·nes de camps nazis.

À la fin de la guerre, plus de 2,5 millions d’Ostarbeiter furent rapatrié·es en URSS, où ils·elles durent affronter un double traumatisme. Aux prises avec un système stalinien totalitaire qui les soupçonna d’être des traîtres à la patrie, ils·elles furent soumi·ses à des interrogatoires dans des camps dits "de filtration", jugé·es et souvent condamné·es à diverses peines pour avoir "collaboré avec l’ennemi". Certain·es furent envoyé·es au goulag à des fins de "rééducation" ; d’autres furent enrôlé·es dans l’Armée rouge ou dans des contingents de travailleur·ses affecté·es à la reconstruction de l’économie nationale. Ni considéré·es comme victimes, ni comme héro·ïnes de la Deuxième Guerre mondiale, ils·elles vécurent sous le poids de la peur et de la culpabilité, et furent l’objet de surveillance, d’opprobre et d’ostracisme social durant plusieurs décennies après leur retour. Et plus encore, ils·elles souffrirent d’un silence étatique sciemment orchestré. 

C’est seulement dans les années 1990 que la question des Ostarbeiter trouve une place dans la sphère publique, à l’initiative tout d’abord des député·es vert·es du Bundestag allemand avant que l’organisation non gouvernementale russe Memorial, œuvrant pour la réhabilitation morale et juridique des personnes soumises aux répressions politiques en URSS, dans la Russie actuelle et les pays de l’ancien bloc de l’Est, ne travaille à leur reconnaissance.

Lauréat de l’Enlightener Prize 2017 en Russie et aujourd’hui du Prix Jan Michalski de littérature, le livre "OST: Letters, Memoirs and Stories from Ostabeiter in Nazi Germany" est le fruit d’un travail de longue haleine mené par Memorial International et ses collaborateur·trices qui ont réuni de nombreuses pièces d’archives – photographies, correspondances, journaux intimes – et enregistré des centaines d’heures d’interviews d’ancien·nes Ostarbeiter, afin de documenter de façon exhaustive ce que ces dernier·ères ont subi pendant leur captivité et vécu à leur retour dans leur patrie. Cet ouvrage qui compile, ordonne et contextualise l’ensemble des témoignages sort ainsi du silence un pan de l’histoire du XXe siècle et offre au destin tragique et complexe des Ostarbeiter une mémoire collective.

En récompense du Prix Jan Michalski 2021, Memorial International, Alena Kozlova, Nikolai Mikhailov, Irina Ostrovskaya et Irina Scherbakova recevront une somme de CHF 50’000.- ainsi qu’une œuvre d’art choisie à l’intention de chacun·e: un dessin à l’encre de Chine de l’artiste Frédéric Pajak.

Contact:

http://www.fondation-janmichalski.com/prix-jan-michalski/edition-2021/

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